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La collision des moeurs

  • Psychiatrie, la vérité sur ses abus


    Psychiatrie, la vérité sur ses abus 1/2 par JaneBurgermeister


    Psychiatrie - La vérité sur ses abus 2/2 par muloot

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  • Incroyable extrait du Roman de George Orwell « 1984 » (1949) Écoutez la lecture de cet extrait du roman « 1984 » de George Orwell publié en 1949.

    1984 est le plus célèbre roman de George Orwell, publié en 1949. 1984 est communément considéré comme une référence du roman d'anticipation, de la dystopie, voire de la science-fiction en général. La principale figure du roman, Big Brother, est devenue une figure métaphorique du régime policier et totalitaire, de la société de la surveillance, ainsi que de la réduction des libertés. En 2005, le magazine Time a d'ailleurs classé 1984 dans sa liste des 100 meilleurs romans et nouvelles de langue anglaise de 1923 à nos jours, liste où se trouve La Ferme des animaux, autre fameux roman d'Orwell.
    Incroyable extrait du Roman de George Orwell « 1984 » (1949)
     
    Écoutez la lecture de cet extrait du roman « 1984 » de George Orwell publié en 1949. L’anticipation de l’écrivain est édifiante !
     
     

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  • Le Royaume-Uni s'attend à une attaque massive et spectaculaire sur son sol

    Le Royaume-Uni s'attend à une attaque massive et spectaculaire sur son sol
     

    Scotland Yard craint une attaque imminente. Selon la police britannique, le groupe Etat Islamique prévoierait une attaque similaire à celle du 13 novembre au Royaume-Uni.

     
     

    Un complot contre "le mode de vie occidental"

    "Au cours des derniers mois, nous avons vu s'élargir les cibles, avec davantage de complots pour attaquer le mode de vie occidental" note Mark Rowley qui craint "un groupe terroriste qui a l'ambition de commettre des attaques énormes et spectaculaires".

    En 2015, les services antiterroristes d'outre-Manche auraient ainsi déjoué sept attaques terroristes alors que 339 personnes ont été arrêtées dans des affaires liées au terrorisme, un record en la matière. En janvier dernier, à la suite des attaques parisiennes, le Royaume-Uni avait annoncé le déploiement de 600 policiers supplémentaires à Londres, portant leur nombre à 2.800.

    Abaaoud avait visité Birmingham

    Cette information pourrait être confirmée par le contenu de l'un des téléphones d'Abdelhamid Abaaoud, l'un des terroristes qui ont attaqué Paris le 13 novembre. Dans son cellulaire avaient été retrouvées des photos prises à Birmingham dans le courant de l'année 2015.

    D’après le Mail on Sunday, le terroriste, qui a été tué par la police lors de l'assaut du Raid à Saint-Denis, avait également été en contact avec "un réseau de collaborateurs" dans la région avoisinante, dans le centre de l’Angleterre, et ce, quelques semaines avant les attaques parisiennes.


    Metronews

     

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  • MH 370 : deux ans après, certains savent où l'avion est tombé

    © Propos recueillis par Nicolas Jacquard Le Parisien

    « Une insulte à l'intelligence humaine. » Ainsi qualifie Florence de Changy les différentes versions officielles avancées pour expliquer la disparition, il y a exactement deux ans, du vol 370 de la Malaysia Airlines avec ses 239 occupants. Journaliste chevronnée en poste à Hongkong, elle travaille régulièrement pour « le Monde » et RFI. Elle a aussi été basée en Malaisie et en Australie par le passé. En un peu moins de 300 pages — dans son ouvrage à paraître demain « le Vol MH 370 n'a pas disparu »* —, Florence de Changy explore les méandres de cette affaire hors normes. Une solide contre-enquête qui permet de « faire le ménage » dans les multiples chausse-trapes et contre-vérités lancées depuis ce funeste 8 mars 2014.

    Pourquoi évoquez-vous une « insulte à l'intelligence humaine » ?

    FLORENCE DE CHANGY. Depuis 2014, on nous impose une version totalement absurde de cet événement. Ce n'est pas qu'elle est incroyable : elle n'est simplement pas crédible. Je n'y crois pas, et très peu de gens y croient. Comment admettre qu'à l'heure où l'on peut voir une pièce de monnaie sur la Lune, un 777 grand comme un immeuble, bardé d'électronique, a pu se volatiliser ?

    Les autorités malaisiennes ont pourtant esquissé des pistes, parlant de l'action du pilote, ou du demi-tour de l'appareil...

    Si vous analysez tout cela dans le détail, rien n'est corroboré. Le Premier ministre malaisien a parlé d'« une action délibérée. » C'est à partir de là que la machine à fantasmes s'est emballée. Mais sur quelle base s'est-il appuyé ? Aucune. On a dit que le pilote avait coupé le système Acars de communication. Mais on n'en sait rien.

    Les Australiens ont tout de même mené les plus vastes recherches en mer de l'histoire...

    Pour justifier le demi-tour, les Malaisiens ont avancé une image d'un radar thaïlandais. Tous les spécialistes disent qu'elle a été trafiquée. Ensuite, si l'on suit la version officielle, j'ai découvert que l'avion serait passé à l'aplomb de Penang, une base essentielle du Five Power, équivalent local de l'Otan. Et personne ne s'y serait inquiété de l'intrusion d'un appareil non identifié ? De même, 13 radars militaires se trouvent le long de cette nouvelle route censée avoir été empruntée par l'avion. Aucun des pays concernés n'en a jamais livré la moindre image.

    Il y a les « ping » du satellite Inmarsat, qui permettent de penser que l'avion a pu se perdre dans le sud de l'océan Indien...

    Pourquoi, dans ce cas, Inmarsat n'a-t-elle pas communiqué là-dessus, ou partagé ses données ? Deux sources m'ont expliqué que cette société en savait plus qu'elle n'en disait. Beaucoup d'éléments restent secrets. Boeing n'a jamais parlé. Il a fallu attendre des mois pour avoir le manifeste de la cargaison de l'avion, censé transporter des fruits exotiques qui ne poussaient pas dans le pays à cette saison ! C'est la même chose pour le flaperon retrouvé à la Réunion. Les familles n'ont pas eu le droit d'assister à l'expertise. Son poids et sa taille sont toujours confidentiels, alors que cela permettrait aux spécialistes d'affiner leurs projections de la dérive de l'objet via les courants marins.

    Quelle est votre conviction dans cette affaire ?

    Que, comme l'a dit le PDG de la compagnie Emirates, certains savent ce qu'il s'est passé, et notamment où l'avion est tombé. Dans le livre, je ne développe pas d'hypothèses. Je donne les éléments, et chacun se fera son idée. Mais, à titre personnel, je pense que le MH 370 est peut-être tombé là où on l'a d'abord cherché, en mer de Chine. Satellites ou bateaux sur zone y avaient repéré des débris. Jusqu'à ce que les Etats-Unis démentent, et que l'attention ne se reporte vers l'Australie.

    Propos recueillis par Nicolas Jacquard
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  • EDF : la déshérence

    Ce début d’année 2016 aura fait la preuve de la déshérence industrielle d’EDF et de l’impasse financière à laquelle mène la stratégie de l’entêtement nucléaire. Dernier épisode en date : la démission du numéro 2 du groupe pour désaccord sur Hinkley Point, le projet de construction de réacteur de type EPR au Royaume-Uni.

    Entrée de la centrale nucléaire de Dampierre  © Micha Patault / Greenpeace

    Entrée de la centrale nucléaire de Dampierre
    © Micha Patault / Greenpeace

     

    Des surcoûts en pagaille

    La stratégie énergétique française est en capilotade. A chaque jour son lot de nouvelles annonces abracadabrantesques et de coups de théâtre qui témoigne de l’impasse économique dans laquelle EDF s’enfonce semaine après semaine.

    En décembre 2015, l’électricien a tout bonnement été sorti du CAC 40 tant les marchés sont devenus méfiants vis-à-vis de sa stratégie économique. Il faut dire que le titre subit une chute continue depuis plusieurs années : la valeur de l’action EDF a été divisée par 8,5 depuis 2008, passant de 86 € à 10 €  – une perte de valeur de plus de 136 milliards en sept ans. Rien que sur ces trois dernières semaines, l’État (actionnaire à 84,5 %) a perdu 600 millions d’euros. Belle réussite en matière de gestion économique.

    Au début de l’année, l’État a fait semblant de découvrir que le chiffrage du projet d’enfouissement desdéchets nucléaires de Cigéo était très largement sous-estimé : 32,8 milliards selon l’ Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA)  – mais ce sera plus encore selon l’ASN –  au lieu des 15 milliards prévus lors de l’évaluation faite en 2005. Dans le même temps, nous apprenions que l’État (les contribuables) devrait finalement mettre cinq milliards sur la table pour sauver Areva d’une faillite orchestrée par une poignée de dirigeants corrompus.

    EDF sans le sou

    Vinrent ensuite les annonces tonitruantes de Jean-Bernard Lévy, indiquant lors de la présentation des résultats du groupe qu’EDF ne comptait pas fermer de centrales dans les prochaines années. La loi sur la transition énergétique (TE) votée l’été dernier prévoit pourtant de réduire de 75 à 50 % la part du nucléaire dans le mix électrique d’ici à 2025.

    Outre qu’il s’inscrit en contradiction avec la loi, ce choix pose question dans un contexte de stagnation de la consommation d’électricité en France d’une part (EDF se trouve déjà dans une situation périlleuse de surproduction), et d’atonie totale du marché nucléaire mondial d’autre part. Car il faut savoir que la production d’énergie nucléaire mondiale décroît depuis le début des années 2000, sapée par la progression rapide du marché des énergies renouvelables : en 2015, 300 milliards d’euros ont été investis à travers le monde dans les énergies renouvelables. Dix fois moins dans le nucléaire.

    Chantier EPR de Flamanville © Micha Patault / Greenpeace

    Chantier EPR de Flamanville © Micha Patault / Greenpeace

    Les coûts de production des énergies renouvelables ne cessent de baisser, avec une conséquence élémentaire : l’atome ne sera bientôt plus compétitif. Le prix de l’électricité nucléaire a augmenté de 20 % en trois ans et continuera d’augmenter si on prolonge l’exploitation des centrales actuelles.  Son coût de production atteindra plus de 100 €/MWh  pour les prochains EPR, dont les retards continuent de s’accumuler (l’ASN est toujours en train de mener des investigations sur la cuve défecteuse de Flamanville). La Chine a d’ailleurs décidé d’un moratoire sur le projet des EPR de Taishan (déjà en cours de construction) tant que ces problèmes techniques n’étaient pas résolus, accentuant ainsi l’échec commercial de la stratégie internationale du nucléaire français.

    Le grand carénage, nom de code de la maintenance nécessaire au prolongement de 10 ans d’un parc qui arrive à obsolescence, devrait au bas mot coûter 260 milliards d’euros (4,4 milliards par réacteur). Ces investissements pourtant nécessaires sont pour l’instant sous-estimés et sous-aprovisionnés par l’énergéticien, dont les comptes sont dans le rouge. L’État, actionnaire principal du groupe, a même dû renoncer à prendre le total de ses dividendes en monétaire l’année dernière (une économie d’1,8 milliard d’euros pour EDF, qui a ainsi pu afficher artificiellement des bénéfices d’1,1 milliard d’euros et échapper à un résultat net déficitaire).

    EDF et l’État hors-la-loi

    Au lieu d’appuyer la loi votée par sa propre majorité l’année dernière, Ségolène Royal n’a rien trouvé de mieux à faire que d’emboîter le pas du patron d’EDF en abondant, la semaine dernière, dans le sens d’un prolongement de 10 ans des centrales actuelles. La position définitive du gouvernement sur ce sujet sera connue lors de la publication sans cesse repoussée du plan pluriannuel de l’énergie (PPE), censé traduire concrètement les dispositions de la loi TE – mais c’est un bien mauvais signal.

    Pour rappel, la Cour des comptes estime qu’il faudra fermer au minimum 17 à 20 réacteurs dans les prochaines années pour atteindre les objectifs de réduction du nucléaire inscrits dans la loi TE. De façon plus réaliste, il faudra sans doute en fermer une trentaine.

    L’Allemagne au créneau

    Dans la foulée, la presse allemande révélait qu’un incident survenu en 2014 à la centrale nucléaire de Fessenheim (est de la France), doyenne des centrales françaises, s’avérait plus important qu’annoncé : l’un des deux réacteurs n’était « momentanément plus contrôlable ». Subséquemment, un porte-parole de la ministre allemande de l’Environnement a déclaré que Fessenheim, toute proche de la frontière allemande, était « trop vieille » et « devrait être fermée le plus vite possible ». Faut-il le rappeler, c’était l’un des engagements de François Hollande que de fermer cette centrale durant son quinquennat (avant que la direction d’EDF ne conditionne sans raison valable sa fermeture à la mise en service de l’EPR de Flamanville, aujourd’hui repoussée à 2018 au moins).

    Ce n’est pas tout : les écologistes allemands, de leur côté, ont dans leur viseur la centrale mosellane de Cattenom, qui compte quatre réacteurs couplés au réseau entre 1986 et 1991. Un rapport commandé par le groupe des Verts au Bundestag pointe des normes de sûreté « insuffisantes » qui conduiraient, outre-Rhin, à son déclassement. Le leader des Verts au Parlement allemand, Anton Hofreiter, a demandé au gouvernement fédéral d’ouvrir des négociations avec la France en vue de la fermeture de la centrale pour « danger imminent ».

    Des plaintes qui s’accumulent

    Mercredi 2 mars, le canton suisse de Genève annonçait avoir déposé une plainte concernant la centrale du Bugey, située dans le département français voisin de l’Ain et dont il demande depuis longtemps la fermeture. Le canton et la ville de Genève ont indiqué avoir porté plainte contre X « pour mise en danger délibérée de la vie d’autrui et pollution des eaux », dans un courrier reçu par l’AFP. Le Bugey est effectivement l’une des plus vieilles centrales du parc français et présente des problèmes de sûreté récurrents. On a connu meilleure publicité.

    Enfin, aux attaques venues de nos voisins européens s’ajoutent des actions judiciaires engagées par des organisations françaises. L’association Notre affaire à tous et le Comité de réflexion d’information et de lutte antinucléaire (Crilan) ont par exemple déposé un recours devant le Conseil d’État en vue de l’annulation d’un arrêté du 30 décembre 2015 relatif aux équipements sous pression nucléaires. Ces équipements recouvrent un certain nombre d’éléments décisifs pour la sûreté d’une centrale. Cet arrêté donnait un délai supplémentaire à l’énergéticien pour aligner ses équipements avec les nouvelles normes de sûreté post-Fukushima. Or, d’après la présidente de Notre affaire à tous, cet arrêté « permet en réalité aux industriels de déroger à leurs obligations essentielles de sûreté ». L’étau se resserre donc autour du nucléaire français.

    L’équipage quitte le navire

    Dernier signe en date de la déshérence d’EDF : la démission dimanche 6 mars du directeur financier du groupe, Thomas Piquemal, rejoignant peu ou prou la position de tous les syndicats sur le dossier Hinkley Point, à savoir une dénonciation de la non-viabilité économique du projet. Hinkley Point, c’est un projet de construction de deux réacteurs nucléaires de type EPR (une technologie qui n’est même pas encore au point, donc) au Royaume-Uni, dont EDF doit assumer finalement deux-tiers des coûts contre un tiers initialement, pour un total d’environ 24 milliards d’euros. Et déjà, le mois dernier, c’est le chef de chantier qui avait démissionné…

    Un « bon investissement » avait pourtant jugé le ministre de l’Économie français, Emmanuel Macron, la semaine dernière, témoignant d’une admirable persévérance.

    La situation est donc simple : EDF investit à perte de l’argent qu’il n’a pas, et derrière, ce sont les contribuables qui vont ramasser les pots cassés – d’une part parce que les coûts énergétiques ne cessent d’augmenter, d’autre part parce que la probabilité d’un accident nucléaire lié à des défauts de maintenance ne cesse de s’accroître. Faudra-t-il attendre un accident majeur sur le territoire français avant que le groupe et le gouvernement ne se décident enfin à réorienter la politique énergétique vers les renouvelables, et à combler le retard de la France sur ses voisins européens ? Ou qu’EDF fasse définitivement faillite ? Ce jour-là, il sera trop tard.

    greenpeace
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  • Fukushima: tristes touristes dans une zone de non-droit

     

    Des visiteurs reviennent sur les lieux des environs de Fukushima, à Namie, le 11 février 2016, cinq ans après la catastrophe nucléaire
    © AFP TORU YAMANAKA

    Namie (Japon) (AFP) – « A part Tchernobyl, il n’y a pas d’autre lieu au monde que Fukushima pour voir l’horreur d’un accident nucléaire », se désole Shinichi Niitsuma, reconverti en guide touristique dans la zone sinistrée du nord-est du Japon.

    Alors que les Japonais s’apprêtent à commémorer le drame survenu il y a 5 ans sur la côte Pacifique de l’archipel, nombreux sont ceux qui désirent observer de leurs yeux ces lieux de mémoire que sont devenus le littoral ravagé par le tsunami et les environs de la centrale saccagée Fukushima Daiichi.

    « Je veux que les visiteurs voient cette ville fantôme, témoignage du désespoir », confie M. Niitsuma en parcourant la rue principale de Namie, une cité portuaire désertée où les ex-résidents sont seulement autorisés à revenir durant quelques heures diurnes.

    Maisons éventrées, école élémentaire à l’abandon où les pendules se sont arrêtées à 15H38, quand la déferlante est arrivée, le 11 mars 2011, moins d’une heure après le puissant séisme de magnitude 9 à l’origine de ce raz-de-marée meurtrier qui a emporté quelque 18.500 vies.

    « Il ne s’agit pas de monuments à la mémoire d’un passé, ce sont des lieux et des objets qui incarnent notre désespoir actuel. Ce ne sont pas de simples vestiges, ce sont des marques vivantes de notre chagrin », dit, peiné, M. Niitsuma.

    Dans le gymnase est toujours tendue une bannière de cérémonie de remise de diplômes. Par les fenêtres brisées se devine le squelette de la centrale de Fukushima.

    M. Niitsuma, 70 ans, est l’un des 10 guides bénévoles locaux qui organisent ces tournées auxquelles participent quelque 2.000 visiteurs par an, jusque dans des localités soumises à des restrictions d’accès.

    Sont cependant évités les lieux où la radioactivité est jugée trop élevée.

    Akiko Onuki, ex-enseignante de 61 ans, a survécu au tsunami. « Nous devons nous assurer qu’il n’y ait plus de drame comme Fukushima », dit-elle. « Je n’admets pas du tout la posture des médias qui présentent Fukushima comme une région rétablie, car de nombreuses personnes sont oubliées dans l’histoire. On a beau dire, personne ne pourra jamais revenir dans les villes de Futaba ou Okuma ».

    Chika Kanezawa, une participante à la tournée, se dit « choquée » par ces scènes de désolation. « Les TV et des journaux expliquent que la reconstruction progresse et que la vie revient à la normale, mais la réalité c’est que rien n’a changé ici », déplore cette femme de 42 ans, salariée d’une entreprise d’équipements médicaux.

    Les visites médiatiques dans les décombres ne font pas forcément plaisir à tous. « Dégagez! », a hurlé aux journalistes de l’AFP une personne croisée sur une aire de repos, loin cependant de représenter la majorité de ses concitoyens.

    En route, les « touristes » font une escale chez un éleveur qui a refusé les injonctions du gouvernement d’abattre son bétail.

    Les quelque 300 bovins de Masami Yoshizawa survivent en broutant de l’herbe contaminée.

    Pour lui, ce sont des « témoins survivants » du sinistre atomique, maintenus en vie pour protester contre la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco), gérante de la centrale nucléaire dévastée, et le gouvernement. « Je veux dire aux gens partout dans le monde, ce qui m’est arrivé peut aussi leur arriver demain », dit M. Yoshizawa.

    « Ce n’est pas un voyage joyeux, mais c’est un voyage nécessaire », confie Tom Bridges, un professeur d’anglais qui dit partager l’amertume et la colère des victimes rencontrées durant cette visite d’une journée. « Les autres régions dévastées ont la possibilité d’être reconstruites et de reprendre vie, mais c’est impossible ici à cause des radiations et de la contamination », constate-t-il.

    Le guide Niitsuma, originaire de Soma, une ville côtière à environ 35 kilomètres au nord de la centrale accidentée de Fukushima, se sent hanté par le regret de ne pas avoir été assez impliqué dans le mouvement anti-nucléaire avant la catastrophe, même s’il était contre la construction des réacteurs.

    « J’aurais dû agir plus activement », se morfond-il. « C’est en partie pour expier que je travaille comme guide ».

    © AFP

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  • La justice japonaise ordonne l’arrêt de réacteurs nucléaires

    Un tribunal japonais a ordonné mercredi l’arrêt de deux réacteurs nucléaires à peine relancés pour des raisons de sûreté. Il a appuyé son jugement sur les leçons tirées de l’accident de Fukushima survenu il y a cinq ans

     

    Japon: La justice ordonne l’arrêt des réacteurs nucléaires
     

    Un tribunal japonais a ordonné mercredi pour des raisons de sûreté l’arrêt de deux réacteurs nucléaires à peine relancés, appuyant son jugement sur les leçons tirées de l’accident de Fukushima survenu il y a cinq ans.

    Sont visées par cette décision de justice les unités 3 et 4 de la centrale de Takahama, à l’ouest du pays, qui ont pourtant obtenu les feux verts techniques et politiques pour redémarrer.

    «A la lumière de l’accident de Fukushima, il reste des interrogations sur les mesures de protection vis-à-vis d’un tsunami et concernant les plans d’évacuation», a souligné le juge, selon les propos rapportés par la chaîne publique NHK. «On ne peut pas dire que la compagnie ait fourni suffisamment d’explications sur le plan de la sûreté», a estimé le juge.

    «Nous saluons le courage du jury»

    Les plaignants, un groupe de 29 personnes de la préfecture de Shiga, contiguë à celle de Fukui où se trouvent les réacteurs de Takahama, ont crié leur joie devant les caméras à la sortie du tribunal, brandissant des banderoles où l’on pouvait lire «nous sommes très heureux et saluons le courage du jury».

    Ce rebondissement dans la saga judiciaire de Takahama constitue un revers pour le gouvernement de Shinzo Abe qui assure que les installations nucléaires japonaises peuvent redémarrer sans crainte à partir du moment où l’Autorité nucléaire a délivré son certificat de conformité à de nouvelles normes durcies.

    «Le jugement (de l’Autorité nucléaire) selon lequel ces réacteurs répondent à des standards qui sont les plus stricts du monde ne change pas», s’est borné à déclarer le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, lors de son point de presse régulier.

    La compagnie exploitante, Kansai Electric Power, va devoir se conformer à cette injonction qu’elle a qualifiée de «regrettable et inacceptable» et qui vient perturber son calendrier de relance progressive, du moins en attendant un éventuel retournement de jugement en appel. «Nous allons faire notre possible pour prouver la sûreté des réacteurs Takahama 3 et 4», a insisté un porte-parole.

    Un an de bataille devant les tribunaux

    C’est la première fois qu’un ordre d’arrêt vise une installation nucléaire relancée. Au grand dam des organisations écologistes, Takahama 3 avait été remis en service en janvier, et l’électricité qu’il produit est utilisée depuis fin février sur le réseau commercial.

    Le redémarrage de Takahama témoigne de l’échec total de l’autorité de réglementation nucléaire du Japon à faire de la sécurité du public une priorité.

    Takahama 4 a été réactivé fin février, mais a été victime d’un problème technique qui a entraîné un arrêt inopiné trois jours plus tard. De facto, il n’est pas opérationnel mais la compagnie était en train de poursuivre les opérations pour le ranimer au plus vite.

    «Le redémarrage de Takahama témoigne de l’échec total de l’autorité de réglementation nucléaire du Japon à faire de la sécurité du public une priorité», avait réagi le groupe antinucléaire Greenpeace lors de la remise en service de ces unités. L’organisation s’est aussi inquiétée du fait qu’une partie du combustible des réacteurs 3 et 4 de Takahama soit un mélange d’oxydes (Mox) fabriqué par le groupe français Areva et en partie issu du recyclage.

    Opinion publique hostile au nucléaire

    Le redémarrage de Takahama 3 et 4 avait déjà été retardé de plusieurs mois à cause d’une précédente bataille juridique devant un tribunal de Fukui, procédures dont la compagnie Kansai Electric était sortie gagnante en décembre en appel. L’Autorité de régulation avait confirmé en février 2015 que ces deux tranches répondaient aux critères plus sévères imposés aux centrales nucléaires pour faire face aux risques de catastrophes naturelles et d’accidents critiques.

    Ce couple de deux unités de Takahama avait été le deuxième parmi les rares à avoir obtenu le certificat de sûreté après les deux unités Sendai 1 et 2 (sud-ouest), qui sont actuellement les seules autres à avoir été remises en exploitation au Japon où il ne reste que 43 unités potentiellement exploitables (contre 54 avant Fukushima).

    Fervent partisan de l’atome pour des raisons économiques (l’industrie a besoin d’énergie et l’importer coûte cher), le gouvernement du premier ministre conservateur Shinzo Abe plaide depuis trois ans pour que tous les réacteurs jugés sûrs par l’Autorité de régulation nucléaire soient relancés, en dépit d’une opinion publique majoritairement contre.

    Le temps

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